*petite question*

*petite question*
J'aimerais vous poser une question...
Pensez-vous que les chansons que l'on écoute étant petit forment en partie notre personnalité?
Est-ce que, dans un sens, elles s'inscrivent en nous ?

Petite, j' écoutais des chansons sans parfois en comprendre les paroles. Et quand je replonge dans ces souvenirs, je me rends compte qu'effectivement, elles me correspondent... Avec des jolies paroles, avec la vie comme je la vois, avec un sourire au coin des lèvres, avec une larme au coin de l'oeil...
Est-ce qu'au fond, on a une certaine intuiution pour reconnaître des belles chansons et grandir avec cette part d'enfance?
Est-ce simplement une coïncidence?

Qu'en pensez-vous? Ca m'intéresse vraiment, tout ça ! :p

# Online seit Samstag, 21. Mai, 2005 um 06:23

*un métro*

*un métro*
Un bout de femme en pantalon noir, enveloppée dans un pull multicolore et une écharpe à rayures qui traîne presqu'à terre. Elle porte un sac à dos marron sur l'épaule droite. Il est rempli de pin's, de dessins, d'écritures, de bouts de tissus qu'elle a cousus elle-même.
Elle a les cheveux châtains et de longs dreads, avec des boules de toutes les couleurs dedans.
Ses yeux marrons sont maladroitement soulignés par de l'eye-liner...
Elle est pressée.
Elle a des chaussettes à rayures roses et vertes et des vans qu'elle a décorées.
Elle dévale l'escalier à toute vitesse, bousculant deux personnes, s'excusant tout en poursuivant sa course. Elle manque de tomber - ça lui arrive si souvent, de toute façon.
L'alarme retentit, elle entre juste à temps, et les portes du métro se ferment derrière elle.
Elle ne descend que dans sept arrêts. Elle a le temps.
Elle s'appuie sur la porte de derrière, ouvre son sac et sort son gros bouquin.
Celui qu'elle a déjà lu trois fois. Celui dont elle a du mal à se séparer. Celui qui la fait toujours rêver.
Elle se transporte dans le monde de ses personnages et se plonge dans leur univers.

Quand enfin elle pense à relever la tête, elle se rend compte qu'elle a manqué son arrêt.
Elle n'est même pas énervée.
Elle regarde autour d'elle.
Ils ont tous la tête baissée, le visage fermé...fatigués. A part quelques touristes, qui semblent discuter de l'endroit où ils descendront.
Le métro s'arrête, elle en sort en sautillant et se dirige vers la sortie.
Quelques wagons plus loin, elle aperçoit un jeune étudiant à lunettes, tout maigre, assis dans le métro. Il lit le même bouquin que celui qu'elle a enfoui dans son sac.
Devant la vitre, elle s'arrête malgré elle, et l'observe, fascinée.
Il est à la moitié du livre, semble-t-il. A l'endroit où Franck et Camille vont acheter leur lave-linge, certainement...
Elle sourit.
Une alarme. Les portes du métro se referment. Elle reste plantée là comme une plouc, au milieu de quelques passants qui la bousculent.
Un instant, il a tourné la tête dans sa direction et l'a repérée.
Il lui lance un regard interrogateur, elle continue à sourire. Il n'en saura pas plus.

Le métro reprend sa route.
Eux aussi...

# Online seit Sonntag, 08. Mai, 2005 um 12:52

*danse*

*danse*
Ca me fera du bien de danser ! qu'elle s'était dit.
Après toute la pression, tout le stress de la semaine...
Mais non.
Ce soir-là, ça lui a pas fait tant de bien que ça.
Ca lui a pas fait de mal non plus.
C'est juste qu'elle s'est rappelée que la danse, c'était pas non plus que des rires et du bonheur.
Que la danse, c'était aussi de la rigueur, de la précision, de la clarté.
Ce soir-là, elle s'est énervée, et pas qu'une fois.
Combien de fois a-t-elle dû les refaire, ces fouettés !?
Combien de fois a-t-elle dû recommencer le "marche, marche, tourne, retire", ce truc pourtant basique !?
Ce soir-là, elle s'est énervée contre elle-même.
Et plus elle s'énervait, moins elle y arrivait.
Calme ! qu'on lui disait.
Elle pouvait pas être calme.
Ca l'a toujours énervée de pas réussir ce qu'elle voulait en claquant des doigts.
Remarque...c'est plus beau comme ça...
Y a le mérite d'y être arrivée, au moins... Y a l'angoisse d'avant, aussi.
Ce soir, elle est sortie du cours, ça rayonnait pas à l'intérieur.
Ca bouillonnait. De rage. De violence.
Elle avait l'impression de sentir tous ses membres en pièces détachées.
Elle avait le regard en feu. Elle marchait vite, elle avait mal aux talons à force de les poser aussi violemment à chacun de ses pas.
Ce soir-là, elle est rentrée chez elle en se disant que dans deux mois, tout ça, ça s'rait fini.
Que tout ça, elle réussirait, que ça passerait comme une lettre à la poste.
Et qu'elle ferait frémir tout son public.
Tous, ils auraient les yeux écarquillés, tous ils en auraient le souffle coupé.
Ce soir, elle s'est jurée qu'elle réussirait.
Avec une volonté pareille, elle pourrait que réussir, de toute façon...

# Online seit Freitag, 06. Mai, 2005 um 09:59

mistral gagnant

mistral gagnant
A m'asseoir sur un banc, cinq minutes avec toi
Et regarder les gens, tant qu'y en a

Te parler du bon temps qu'est mort ou qui r'viendra
En serrant dans ma main tes p'tits doigts
Pis donner à bouffer à des pigeons idiots
Leur filer des coups d' pied pour de faux

Et entendre ton rire qui lézarde les murs
Qui sait surtout guérir mes blessures

Te raconter un peu comment j'étais minot
Les bonbecs fabuleux
qu'on piquait chez l' marchand
Car en sac et Minto, caramel à un franc
Et les mistrals gagnants.

A marcher sous la pluie cinq minutes avec toi
Et regarder la vie tant qu'y en a

Te raconter la Terre en te bouffant des yeux
Et parler de ta mère un p'tit peu
Et sauter dans les flaques pour la faire râler
Bousiller nos godasses et s'marrer

Et entendre ton rire comme on entend la mer
S'arrêter, repartir en arrière

Te raconter surtout les carambars d'antan
Et les coco boërs
et les vrais roudoudous
Qui nous coupaient les lèvres et nous niquaient les dents
Et les mistrals gagnants.

A m'asseoir sur un banc, cinq minutes avec toi
Et r'garder le soleil qui s'en va

Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fous
Te dire que les méchants c'est pas nous
Que si moi je suis barge ce n'est que de tes yeux
Car ils ont l'avantage d'être deux

Et entendre ton rire s'envoler aussi haut
Que s'envolent les cris des oiseaux

Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie
Et l'aimer même si
le temps est assassin
Et emporte avec lui les rires des enfants
Et les mistrals gagnants
Et les mistrals gagnants.


by Renaud

# Online seit Donnerstag, 14. April, 2005 um 12:32

Geändert am Freitag, 06. Mai, 2005 um 10:05