*éclipse*

*éclipse*
La lune dit bonjour au soleil.
Le soleil dit bonsoir à la lune.
C'est pas si souvent qu'ils se croisent.
Alors ils s'embrassent.
Et le ciel s'assombrit.
En bas des milliers de gens les regardent.
Confuse, la lune rougit ; le soleil baisse les yeux et ils se séparent.
Pour une fois qu'ils se croisent, ils ne peuvent même pas discuter tranquillement.
C'est toujours pareil.
C'est que quand ils voudraient être tranquilles qu'on les regarde...

# Posté le mardi 31 mai 2005 10:52

*_*

*_*
- Tu devrais danser plus souvent.
- Pourquoi ?
- Parce que ça te met des étoiles dans les yeux.
- J'en ai pas, d'habitude ?
- D'habitude, elles brillent pas aussi fort.

# Posté le dimanche 29 mai 2005 13:16

*Merci Monsieur ! :) *

*Merci Monsieur ! :) *
Debout au milieu des bouquins, dans cette librairie où elle est entrée sans un sou en poche. Des livres qui dansent devant elle, dévoilant leurs charmes, regorgeant de mystères à lui faire découvrir. Perdue dans un autre monde. Noyée dans cet univers tellement à part. Elle les inspecte sans les juger, attendant que l'un d'eux se montre plus charmeur qu'un autre. Ils la dévisagent, avec une pointe de fierté. Avec la certitude d'être celui qu'elle choisira. Elle va, elle vient, elle pense, elle rêve, elle s'évade, puis revient, frappée par celui-là. Elle feuillette, hésite, s'y plonge, voudrait s'asseoir à terre et le dévorer comme elle dévore des crêpes : avec appétit, patience et sans modération.
Cet homme gris au vieux béret, avec une cigarette à demi-entamée au coin de la bouche, cet homme pas si beau au regard si profond, si simple et si secret, cet homme...
En ouvrant le livre, elle tombe sur une poésie qu'elle avait apprise en CE1, cette jolie poésie qu'elle comprenait pas très bien.
Des souvenirs se perdent dans ses yeux déjà humides, elle continue à le feuilleter, et elle lit des passages entiers, malgré sa vision brouillée. Allez, encore un...Un dernier. Non, faut que je lise ce passage aussi. Celui-la est pas très long, allez, j'le lis

Avec ses mots si simples, ses mots à lui, ses jeux malicieux, ses clins d'oeil touchants, avec ses poèmes qui font trois phrases, il la séduit.
Et au milieu des livres, debout dans la petite librairie, avec un sourire innocent, elle se met à pleurer. Comme quand elle était gosse.
Parce que c'est beau, parce que c'est simple, parce qu'elle aime, parce que c'est comme avant.
Parce que le fichu temps passe trop vite et qu'elle a dû le laisser passer, parce qu'elle ne peut pas mettre sa vie sur pause et fermer les yeux quelques instants.
Parce qu'elle voudrait repartir à l'école, en primaire, et courir dans la cour de récréation et jouer au maire avec les garçons. Parce qu'elle voudrait encore une fois, marcher sous le préau, se cacher derrière le gros arbre et se croire grande alors qu'elle n'a même pas huit ans.
Parce que finalement, qu'est-ce qu'elle sait, de la vie et du monde, elle se croit belle avec ses grands airs, et puis qu'est-ce qu'elle est, finalement ? Rien. Un point dans l'espace. Même pas.
Parce qu'avec ses mots si simples il lui a remis une part d'humilité, il lui a montré que sa part d'enfance lui, il a réussi à la garder. Et puis, que c'est pas grave si son enfance elle meurt pas, tout le monde s'en fout, merde, qu'elle vive un peu et qu'elle arrête de se poser des questions sur tout !

Comment un adulte a-t-il pu écrire un livre portant tant d'innocence, tant de légèreté...
Elle voudrait être lui, mais elle n'est qu'elle.
Est-ce qu'un jour, elle arrivera à être comme ça... A faire sortir les mots comme lui ? A faire pleurer les mômes au milieu d'une librairie ?

Et une voix lui souffle dans le creux de l'oreille...

Pleure petite gosse, tu vois bien que ton enfance, elle t'a pas encore quittée, tu vois bien qu'elle t'aime toujours autant.
Pleure ma môme, toi t'as encore le temps...





Elle a reposé le livre et elle est partie...
Sur le chemin du retour,
Elle a dans le coeur, égarées,
Des Paroles que Prévert lui a soufflées...

# Posté le vendredi 27 mai 2005 04:11

Modifié le vendredi 27 mai 2005 05:58

*danse*

*danse*
Mardi après-midi. Elle, elle n'a pas cours le mardi après-midi. Plus maintenant.
Elle porte un jean un peu froissé et une chemise blanche. Il est dans les environs de quatre heures et demie - cinq heures, elle sort du petit parking à pied. Elle enlève l'élastique rouge qui retient maladroitement ses cheveux tous ébouriffés. Le petit vent frais de la fin d'après-midi souffle agréablement dans son dos.
Elle a les joues toutes rouges, un demi-sourire rayonnant, et les yeux on ne peut plus joyeux de grimper la petite côte.
Un frisson parcourt son c½ur.
Un frisson...de joie. D'extase.

Elle remonte la rue. Heureuse.

Quatre heures et demie - cinq heures. C'est l'heure à laquelle tout le monde sort du collège ou du lycée. Ils descendent, elle monte.
Elle croise des connaissances, ça lui fait plaisir. Elle leur fait un grand sourire, ils lui demandent d'où elle sort, comme ça. Je sors de la danse. Elle a pris le ton le plus nonchalant possible pour dire ça. Mais la fierté qu'elle a dans ses yeux, elle arrive pas à la cacher. Elle trouve ça classe, de dire Je sors de la danse. Tout le monde dit Je suis parti faire un tour en ville, ou J'étais au jardin de la mairie, ou sur le port, ou encore J'étais avec mon (ma) chéri(e). Elle, non. Elle sort de la danse. C'est encore plus beau que de dire Je vais à la danse.

Les gens qui la regardent, étonnés, en ne sachant pas quoi dire. Ah ? T'avais danse ? Je savais pas.Et ce petit sourire taquin, quand elle leur dit à demain.

Elle salue chaleureusement des inconnus qui la regardent en souriant, comme quand on croise quelqu'un qu'on a déjà vu quelque part.

Elle entre dans la boulangerie du coin et respire l'odeur du bon pain qui sort tout juste du four. La boulangère lui donne une jolie label dorée, de celles qui lui brûlent les doigts quand elle les prend. De celles qu'elle ramène jamais entières chez elle.

Elle termine son joli bout de chemin en mâchouillant un morceau de pain.

Et puis en sachant que, demain, elle ira danser.


Pas encore retravaillé, celui-la... J'aime pas tellement retravailler mes textes :p Surtout à chaud, comme ça...

# Posté le mardi 24 mai 2005 13:35

*Elle*

*Elle*
Assise au pied de son lit en chemise de nuit, les cheveux ébouriffés, les yeux fatigués.
C'est un de ces soirs où elle voudrait exploser.
Où elle voudrait réagir.
Où elle voudrait se lever, courir aussi vite qu'elle peut et briser son joli petit monde.
Un de ces soirs où elle voudrait défoncer ses murs trop blancs avec son petit poing trop fragile.
Un de ces soirs où elle voudrait crier, où elle voudrait hurler qu'elle est là, qu'elle existe, en espérant que ses cris fassent éclater sa bulle.
Elle voudrait tendre les bras à bout de force, elle voudrait s'étirer de tout son long, elle voudrait se sentir vivre.
Elle voudrait être sure d'être là, bien là, en chair et en os.
Elle voudrait cracher que non, elle n'est pas un ange, non, elle n'est pas une étoile, non, elle n'est pas un de ces rayons de clarté qui descendent sur Terre. Non.
Elle est rien qu'une môme, qu'une sale môme, une môme comme toutes les autres. Alors pourquoi chercher à être autre chose ?
Elle voudrait leur montrer que les gouttes de pluie la mouillent aussi, qu'elle est pas un de ces fantômes qui se font spectateurs de nos vies et qui ne ressentent rien.
Elle voudrait pouvoir leur montrer.
Et se le prouver, aussi.

Ce soir, elle aimerait grandir d'un coup et percer sa bulle.
Ou retourner en arrière et la reconstruire.
Elle voudrait avancer ou reculer, mais elle veut plus avoir l'impression de stagner. Et de perdre son temps.
Parce que les aiguilles du temps ne l'attendent pas, elles.
Elles tournent, elles tournent, pendant qu'elle reste là.

C'est un de ces soirs où elle voudrait se bouger.
Où elle voudrait lever la tête et regarder la vie droit dans les yeux.

C'est un de ces soirs où elle se dit que demain, elle sera plus la même.
Que demain, elle se connectera à la réalité.
Demain, elle marchera dans le monde extérieur, le dur, le vrai... Et elle saura le dominer.

Pourtant elle sait que demain, elle va se réveiller. Et que malgré tout ça, rien n'aura changé.


Juste parce que c'est vrai...

Pix

# Posté le lundi 23 mai 2005 13:18