*dis, Madame...*

*dis, Madame...*
- Dis, Madame... Pourquoi on doit respecter les grands ?
- Parce que... ils ont beaucoup de choses à nous apprendre. Ils savent des tas de trucs, tu sais ! Ca s'appelle...euh... L'expérience...oui, euh...l'expérience de la vie.
- Ah oui ? Ils savent autant de choses que ça ?
- Bien sûr. Ils ont appris. Et maintenant, ils nous apprennent. Un jour, c'est toi qui apprendras aux petits. Tu comprends ?
- Euh...oui.
- ...
- Dis, à force de connaître des tas de choses...
- Oui ?
- Eh ben y en a qu'ils ont dû oublier, non ? Les grands...
- Oui, certainement.
- Et nous, vu qu'on sait pas beaucoup de choses, ben on les connaît encore, tous ces trucs qu'ils ont oublié...
- ???
- Tu sais, Madame, les grands ils devraient nous respecter. Parce qu'on a beaucoup de choses à leur apprendre, nous aussi...
- Tu crois ?
- Oui. Leur apprendre à sOurire, à jOuer, à aiMer... à Rêver.

Pix

# Posté le jeudi 30 juin 2005 06:26

Modifié le dimanche 27 mai 2007 11:19

*des crêpes ;) *

*des crêpes ;) *
Mam'zelle elle aime bien aller au resto. A la crêperie, surtout. Parce que y a une jolie ambiance. Que ça sent bon la Bretagne. Même si elle sait pas vraiment à quoi ça ressemble.
Et puis parce qu'une crêperie, c'est simple. C'est pas comme ces grands restos qui ruinent un compte en banque.

Parce que dans une crêperie, on trouve tout plein de gens différents. Tout plein de gens à regarder.
A regarder sans juger. Juste observer.
Y a toujours des choses bizarres à découvrir. Des choses intéressantes. Des choses sans utilité première. Mais des choses qui la fascinent quand même. Un peu.

Par exemple... Mam'zelle elle se dit que peut-être, en regardant les gens manger, on apprend à les connaître.

Il y a ce groupe de personnes, là-bas. Qui sont déjà servies. Qui mangent leur crêpe tout en tenant une conversation.
Il y a celui qui a découpé sa crêpe en plusieurs parts. Et qui les déguste...chacune leur tour.
Il y a celle qui mange d'abord les quatre coins. Croustillants. Et qui attaque le reste ensuite.
Il y a ceux qui mangent leur crêpe en rond. Ils commencent par les bords. Et ils tournent leur assiette au fur et à mesure.
Il y a celui qui prend de la salade entre chaque bouchée.
Il y a celle qui n'aime pas sa crêpe. Qui tire la tronche. Mais qui continue de manger. Parce que de toute façon, elle devra la payer.

Sur une autre table, il y a celle qui n'aime pas non plus sa crêpe. Mais qui exige qu'on la lui change.
Il y a celui qui demande à finir les restes de ses copains.
Il y a celle qui garde le meilleur pour la fin.
Il y a celui qui ne mange pas les tomates.
Il y a celle dont la crêpe a le temps de refroidir.
Il y a celui qui mange à toute vitesse.

Et puis... il y a celle qui prend sa crêpe comme elle vient. Et qui s'en met un peu partout.

Mam'zelle, c'est celle-là qu'elle préfère...

# Posté le dimanche 26 juin 2005 05:36

Modifié le samedi 26 mai 2007 14:26

*mon vieux gros sac*

*mon vieux gros sac*
J'ai un vieux sac. Que je traîne toujours derrière moi.
Un gros sac dur, rigide, un peu comme les sacs à patates.
Je l'emmène partout. Mon sac.
Il s'alourdit de jour en jour. Mais il ne pèse pas.
Parce que je l'aime, mon vieux sac à patates.
Le temps passe et amène des nouvelles choses à l'intérieur de mon sac.
Parfois, je ne prends pas vraiment la peine de les regarder. Et puis un jour, comme ça, par hasard, j'ouvre mon sac et je retrouve des choses oubliées.
A force de le trimbaler partout, mon sac, il s'est un peu usé.
Maintenant, y a un gros trou dedans. Alors parfois, y a des choses qui s'échappent.
Je devrais changer de sac. Mais je peux pas. D'abord parce qu'il porte trop de choses. Que c'est trop dur pour moi de m'en séparer. Et puis, parce que de toute façon, on n'en trouve plus des sacs comme ça.
Il arrive que des objets s'échappent... Puis qu'ils reviennent me voir. Sans que je les appelle. C'est comme ça que je les aime. Ils me mettent presque toujours les larmes aux yeux. Et un petit quelque chose dans le c½ur.

J'le traîne partout, mon sac. Il est un peu poussiéreux, mais c'est en partie ce qui fait son charme.
Les gens ne voient pas que je porte un gros sac. Alors les gens ne cherchent pas trop à savoir ce qu'il y a dedans.
C'est mieux comme ça. C'est mon sac à moi.
Et puis, quand je passe à la douane, j'ai pas besoin de déclarer ce qu'il y a dans mon sac.

Les gens ne savent pas que je traîne un gros sac.
Ils ont même oublié qu'eux aussi, ils traînent un vieux sac.

Un vieux sac gros.
Un vieux sac gros, rempli.
Un vieux sac gros, rempli de souvenirs...

# Posté le samedi 25 juin 2005 02:01

Modifié le dimanche 27 mai 2007 11:16

*petit trésor :-) *

*petit trésor :-) *
Quand toute la maison dort et qu'on est seule dans la salle de bains.
Face à tous ces miroirs qui nous renvoient toujours une image différente.

Ce soir, tu sais, elle se sourit. Ce soir, tu sais, elle ose enfin : se regarder. Ce soir, elle a trouvé quelque chose. Elle croit. Un déclic.
Et face à tous ces miroirs, dans sa salle de bains pas assez grande pour ça, elle refait trente-six fois les mêmes pas. Pieds nus sur le sol froid.
Dans son pyjama bleu un peu trop lâche. Ce soir, tu sais, elle a les yeux grands ouverts.
Ce soir, je crois qu'elle a compris. Ca. Ce truc indescriptible. Ce soir, elle a trouvé le fil. Comme ça. Un peu par hasard.
Elle a travaillé, tu sais. Pour le trouver.
Mais, au final, il est venu tout seul. Au moment où elle s'y attendait pas. C'est toujours comme ça. C'est pas en les cherchant qu'on les trouve, ces trucs là. Mais si on les cherche pas, ils viennent pas non plus.

Et ce soir, pieds nus dans sa salle de bains, elle danse. Sans musique. Avec son c½ur.
C'est tellement fort qu'elle se fout d'être à bout de souffle.

Tu sais, ce truc que t'es obligé de trouver tout seul. Ce truc qui s'apprend pas.
Le truc qui fait des étincelles dans les yeux. Le truc qui accroche. Qui fait qu'on peut pas décrocher le regard... Ben ce soir, je crois bien qu'elle en a déniché un morceau.

Et elle termine sa variation.
Et elle la recommence aussitôt.
Et elle rit aux éclats. Avec son reflet.
Ca y est, elle l'a. Elle l'a trouvé.
Suffit de pas le lâcher.

Des frissons de bonheur en dansant toute seule devant son miroir...Elle en avait jamais eu.

Elle aimerait...elle aimerait sauter dans les bras de quelqu'un, elle aimerait crier j'ai réussi, elle aimerait bondir dans tous les sens et ne plus jamais s'arrêter de danser pour être sûre de ne jamais perdre ce petit bout de trésor.

Petit bout de trésor qui est venu la voir. Ce soir.
Ce petit bout de trésor, il a rempli tout son corps, des pieds à la tête.
Elle peut pas s'arrêter de sourire.
Elle sourit...pour toutes les fois où elle a pas pu. Où elle aurait dû.
Elle sourit pour tous ceux qui sourient plus.
Elle sourit. A ce joli trésor.
A son reflet.
Elle sourit. Parce qu'elle se sent bien, simplement.

Elle a du mal à s'endormir. Mais elle continue de sourire quand elle trouve enfin le sommeil...Avec des milliers d'étoiles qui la chatouillent dans le ventre.
Et jusqu'à demain, elle s'arrêtera pas sourire...

# Posté le mardi 21 juin 2005 03:36

*sale môme*

*sale môme*
Dans sa tête, elle a de jolis rêves. Qu'elle traîne parfois depuis l'enfance.
Dans son coeur, elle a de grandes illusions. Qui font rire ses yeux quand elle y pense.
Au fond d'elle, elle a de la nostalgie. Qui remonte à la surface de temps en temps. Et qui mouille son regard.

Sauf qu'elle commence à en avoir marre...de ces rêves débiles, de ces stupides illusions, de cette foutue nostalgie.
Y a cette part d'elle-même qui lui souffle que rien ne vaut la réalité. Celle qu'on a du mal à regarder en face. Celle qui claque. Qui choque. Qui fait réagir.
C'est trop sage de s'enfouir dans tous ces rêves. Dans toute cette naïveté. De se réfugier derrière tous ces murs qu'on s'est construit.
Quelle trouillarde !
C'est pourtant pas si compliqué, de se lever une fois, de sortir un peu la tête de son monde de poupées. Faudrait juste un peu de cran. Caponne !
Regardez-la, avec son air triste. Mais reste pas plantée là ! Bouge-toi, fais quelque chose ! Réagis !!!
Voilà qu'elle a allumé un feu dans l'obscurité de son regard.
Pas un feu qui réchauffe. Un feu qui brûle. Qui veut brûler toutes ses illusions. Toute son enfance .
Y a comme du mépris à l'intérieur.
Et le feu brûle. De plus en plus fort. Ca lui fait mal aux yeux. Et elle aime ça.
Elle voudrait que ça lui pique les yeux. Encore plus fort.
Y a sa gorge qui se serre. Y a tout son corps qui se raidit.

J'veux plus te voir, sale enfance. Sale période de mensonges. De belles histoires qui valent même pas la peine qu'on y croie. J'te déteste. J'veux plus te voir. J'ai déménagé. Vers la réalité. Adieu, sale garce.

Coeur rempli de haine.
Et le feu dans ses yeux est éteint par ses larmes.
Elle est secouée par ses gros sanglots qui mouillent son oreiller.

Non, pars pas...pars pas...
J'ai encore besoin de toi. J'ai encore besoin de croire.


Elle et l'enfance, c'est du je t'aime moi non plus.

Pourquoi c'est si difficile ?



Ce qu'elle peut être compliquée, parfois !

# Posté le vendredi 17 juin 2005 07:47

Modifié le dimanche 27 mai 2007 11:16