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° Y avait une vieille dame °

° Y avait une vieille dame °
Y avait une vieille dame, aujourd'hui. Elle savait pas qu'on pouvait en croiser, au pays des rêves. Elle savait pas que ces gens-là pouvaient en avoir la clé. Et pourtant.

C
tait ce soir, au coin du feu.
Comme elle avait sa place, ici ! On aurait dit qu'elle avait vécu là toute sa vie. Aps tout, peuttre bien. Mam'zelle s'est dit que oui. Que c'était d'accord. Qu'elle voulait bien vieillir si c'était pour vieillir comme ça. Comme cette dame.

Elle n'avait plus toutes ses dents, mais ça ne l'empêchait pas de rire. Et même.
Mam'
zelle la trouvait belle. Pas jolie. Belle. Parce que cette dame avait ces lumières d'innocence dans les yeux. On voyait des étoiles à travers ses rides. On sentait de la chaleur dans sa petite voix.
Elle
ne parlait pas beaucoup. Elle écoutait, elle riait. Entourée de tous ces gens qu'elle aimait, et qui disaient tout lui devoir. Elle savait, elle, qu'ils ne lui devaient rien. Ils savaient, eux, qu'elle ne voulait pas qu'on la remercie. Que c'était son deuxième prénom. Générosité. Franchise, aussi. Parce qu'elle avait quand même son caractère.
Elle s'intéressait aux autres. Ils s'attachaient à elle.

Ce soir au coin du feu, il y avait un homme qui racontait les anecdotes de cette vieille dame. Parce qu'elle était trop modeste pour en parler elle-me. C'était beau de la voir émue, les joues roses de bonheur.
Mam'zelle s'est assise dans un coin pour écouter. Un peu en retrait. Pour tout observer sans être vue.

Pourtant y a quelqu'un qui l'a vue, Mam'zelle. Comme si on avait senti sa présence.
A
la fin de la soirée, y a quelqu'un qui l'a regardée.
Il y
a eu comme un instant de complicité entre deux regards malicieux.
Entre les
pupilles bleues de la vieille dame, et les yeux noirs de la petite fille.
C
e regard bleu rempli de tendresse, qui semblait lui dire qu'il avait compris. Toutes ses angoisses et toutes ses envies. Mam'zelle les a vues dans ces yeux si profonds.
L'es
pace d'une seconde et demie.

Aie pas peur.
Vieillir, c'est pas important. Le plus grave, c'est grandir.
Et oublier, parfois.



Je vous aurais bien montré sa petite bouille, à cette vieille dame, mais je n'ai pas de photo d'elle. D'ailleurs, c'est peut-être mieux comme ça.
Oh, et puis : comme c'est bon, d'écrire !
Vous m'avez manqué...

# Posté le mardi 20 juin 2006 12:04

Modifié le samedi 26 mai 2007 00:54

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