*Mam'zelle comme je l'aime :)*

*Mam'zelle comme je l'aime :)*
Il semble que la pluie ait tout balayé sur mon pays des rêves.
Oui, elle a tout enfoui dans mon vieux sac à souvenirs.
Et il commence à respirer, mon pays des rêves.
Y a des couleurs qui l'égayent. Y a des rues, qui s'animent. Y a une Mam'zelle qui apparaît. Petit à petit, il reprend vie, mon pays des rêves. Faut être patient.
J'aime à le contempler comme ça. Chaque jour, j'y découvre de nouvelles choses. De nouveaux objets, de nouveaux décors, de nouveaux habitants...
Aujourd'hui, y a un nouveau rêve qui a emménagé dans l'appartement en face de chez Mam'zelle, et... Je sais pas pourquoi je raconte tout ça, c'est juste... ça me fait plaisir de voir de la vie par ici. Oui, j'aime le voir rempli de couleurs, mon pays des rêves.
Et puis. Je m'émerveille chaque jour. Il me suffit de regarder Mam'zelle. Le soleil la rend toute bronzée. Les yeux vers l'océan, elle frissonne de bonheur. Lorsqu'elle se promène en ville, elle salue les pigeons à tous les coins de rue. Elle sautille dans tous les sens. Sur le trottoir, elle a trouvé un béret... Elle l'a essayé, a grimacé devant la vitrine d'un vendeur de jouets, et puis, elle l'a remis à sa place. Elle lance une pièce au mendiant assis près du manège, et le visage du vieil homme s'éclaire comme par magie. Là où elle passe, Mam'zelle sème de la poussière d'étoiles.

Mam'zelle elle a compris qu'on pourrait pas arrêter le temps. Que y avait rien à faire. Que de se morfondre sans arrêt, ça servait à rien. Qu'il fallait toujours avancer. Droit devant.
Alors Mam'zelle elle a regardé un peu autour d'elle, et elle s'est dit que tout de même, la vie, c'était un joli spectacle. Ca lui suffisait pas de le contempler. Fallait qu'elle participe. Alors aujourd'hui, dans son pays des rêves, Mam'zelle a dansé, avec ce quelque chose dans ses yeux rieurs... Non, pas des étincelles, pas des étoiles... Un quelque chose que y avait pas avant, comme une nouvelle lueur.
Dans ses yeux, Mam'zelle s'amuse à conjuguer le verbe aimer.

Une foule de gens autour d'elle, une foule fascinée, admirative, interdite. Dans sa danse folle, Mam'zelle m'aperçoit, et au fond de moi, le temps s'arrête. Quand son regard a pris le mien, elle m'a transportée.
Je me suis fondue en elle. Et j'ai souri, et j'ai dansé... Puis à mon tour, je l'ai emmenée... Dans un monde plus grand, dans un monde plus vrai : vers la réalité.




Je voudrais que Mam'zelle soit plus qu'une ombre colorée, plus qu'un simple rêve...
J'y crois...;p

# Posté le lundi 08 août 2005 07:22

Modifié le lundi 08 août 2005 07:47

*Il pleut sur mon pays des rêves*

*Il pleut sur mon pays des rêves*
Il pleut sur mon pays des rêves.
Tu sais, celui qui sentait bon la joie, y a pas si longtemps.
Celui où y avait des jolis rayons de soleil, et des tas d'arcs-en-ciel.
Celui où y avait des sourires à chaque coin de rue, et des couleurs par milliers.
Mon pays des rêves, où on pouvait dire bonjour aux étoiles.
Celui où y avait un gamin assis sur le cheval rouge d'un manège ; un gamin malicieux, avec une glace à la main, et des grosses traces de chocolat sur les joues.
Tu t'en souviens ?
Mon pays des rêves.
Eh ben aujourd'hui, sur mon pays des rêves, il pleut.

Ce parfum d'allégresse et d'insouciance, les rayons de soleil, les sourires, les couleurs, les étoiles, les arcs-en-ciel, les vendeurs de glace, ce p'tit bonhomme espiègle...
Disparus...

Y a plus rien, sur mon pays des rêves. Que des trucs vides. Morts.
Même les rues ont changé de nom.
Tu te rappelles, la ruelle des Bêtises ? Celle où on jouait toujours ensemble. Celle où on dessinait à la craie. Celle où on apprenait aux grands l'innocence. Celle de tous les rires. Toutes les gaffes. Celle-là.
La ruelle des Bêtises...Tu t'en rappelles... C'est devenu le boulevard de la Mélancolie.
Y a plus d'enfants qui sautillent dans tous les sens, y a plus de regards émerveillés, y a plus... Y a le pavé tout gris. Les trottoirs salis. Les maisons froides. Closes.

Il pleut sur mon pays des rêves.

Mais c'est pas la pluie qui l'a foutu en l'air, mon joli monde. Non.
Mon pays des rêves, il était désert bien avant la pluie.
Une pluie douce, une pluie qui fait un joli bruit.
Une pluie fine, triste, qui fait briller le pavé gris de mes pensées.

Il pleut sur ma réalité.

Une pluie qui sème la vie.
Et de nouveaux arcs-en-ciel. Oui, une pluie qui sème tout ça. Pour se construire un autre pays des rêves où on pourra à nouveau se barbouiller de glaces au chocolat et courir pieds nus sous les tuyaux d'arrosage...

Il pleut sur mon pays des rêves.

Et assise à la fenêtre de sa chambre, les joues mouillées de larmes, le regard tourné vers un manège vide, une petite fille sourit. Et remercie la pluie...



Pix : Doisneau :)

# Posté le lundi 01 août 2005 07:58

Modifié le jeudi 13 octobre 2005 03:26

*Au Marché aux rêves*

*Au Marché aux rêves*
Elle n'avait plus rien à se mettre.
Plus rien à se mettre dans sa petite tête.
Trop vieux, trop gris, trop triste, trop fade...

Grande lassitude.

Alors elle est partie. Au marché aux rêves.

Elle a flâné dans les allées, souriant aux marchands si accueillants, regardant avec tendresse ces milliers de rêves dans leurs bulles, classés par thèmes, puis par prix.
Des rêves, dans des bulles. Derrière une petite pancarte en bois.
Une dame brune, forte, l'appelle. "J'vends des rêves de danse, ma p'tite demoiselle ! Ca vous dit pas ?" qu'elle lui demande.

Si. Ca lui dit.
Mais. Pas maintenant.
Parce que ceux-la, ils font mal quand ils s'en vont.

Un peu plus loin, un homme à moustache. Sur la pancarte, il y a écrit 'Amour', et un peu plus bas, "Choisissez votre Jules".
Non. Merci. Ca ira.

Et puis y a des rêves qui semblent l'appeler, avec des yeux suppliants.
S'il te plaît, achète-moi !

Alors elle tourne le regard et s'enveloppe dans son foulard qui la protège du soleil.
Elle sait pas trop ce qu'elle est venue chercher ici.
Mais elle semble se rendre compte qu'elle n'a besoin de rien.
Ou envie de rien.

Tous ces jolis rêves, si bien exposés.
Qui mettent des étoiles dans les yeux de ce gamin pas assez riche pour les toucher.
Et des gouttes d'eau dans les yeux de cette vieille dame nostalgique.

Et qui ne lui font presque rien, à elle.
Esprit dénué de rêves. Dépossédé.
Et qui, pourtant, n'en réclame pas.
Qui est-elle, cette étrangère ? Elle ressemble si peu à cette *elle* qu'elle croyait être.
Ainsi, elle a tout perdu.
Son espoir, ses rêves, ses peurs, ses doutes, sa détermination...
Lassitude, elle n'est que Lassitude, noyée dans cet endroit pourtant si beau, si jeune, regorgeant d'énergie.

Alors elle comprend.
Que le marché aux rêves n'est qu'une immense supercherie.
Que les rêves ne s'achètent pas. Qu'il n'y a que la triste et pauvre réalité qui puisse se vendre ainsi.
Elle comprend que les rêves sont des dons. Qui agissent à leur guise.
Ils vont et viennent, tourmentent et titillent.
Ils sont partis, c'était leur droit.
Ils reviendront. Seulement si elle le mérite.
C'étaient ses rêves. Ceux qu'elle a crées, nourris, élevés.
Pas de vulgaires rêves achetés.
C'étaient ses rêves.
Et ils reviendront. Elle le sait.



J'ai parfois l'impression de comprendre plein de choses en écrivant...
D'être...le maître et l'élève à la fois. :p
Pas vous ?

# Posté le mercredi 27 juillet 2005 03:28

* Mam'zelle trouve ça dommage...*

* Mam'zelle trouve ça dommage...*
Mam'zelle feuillette des magazines. Ces magazines pour grandes dames. Pas vraiment son style.
Mais y a rien d'autre, dans cette salle d'attente. Ca porte bien son nom, ce genre d'endroit. On bouquine, on essaie de s'occuper comme on peut...mais ça n'y change rien : on attend toujours.

Dans ces magazines pour dames, Mam'zelle voit. Des tonnes de publicités. Avec des filles qui sourient.
Mam'zelle voit. Des femmes qui se font relooker. Elle y a jamais cru, à ces trucs-là. Avant/Après. Et Mam'zelle, elle préfère toujours avant. C'est bizarre. Mais Mam'zelle, elle préfère quand elles étaient pas maquillées, quand elles avaient pas encore leur brushing...

Mam'zelle voit aussi. De la chirurgie esthétique. Des femmes qui ont changé de nez. Des chinoises qui se font débrider les yeux. Des lèvres qu'on a épaissies. Des poitrines siliconées.

Et Mam'zelle fait des grimaces.

Mam'zelle trouve ça dommage.
C'est tellement joli, les yeux bridés. Et les chinoises blondes, c'est pas normal. Dis, ça sert à quoi, d'avoir des seins ? Et ça sert à quoi de claquer tout son fric pour ça ?

La beauté à tout prix. La beauté avant tout. Qu'ils disent. Mam'zelle est pas d'accord. Toutes ces femmes qui vont vieillir, un jour. Et leur beauté, elle sera passée où ? Et puis, elles auront des enfants. Qui auront peut-être leur ancien nez, leur vraie couleur de cheveux... Est-ce qu'elles les aimeront pareil ?
C'est horrible, ce à quoi elle pense, Mam'zelle. Ca se fait pas, de dire que des gens aiment pas leurs enfants. Et ce qu'on fait à ces pauvres dames, c'est pas horrible, peut-être ?

Mam'zelle elle trouve ça moche, la chirurgie esthétique.

Même si Mam'zelle elle se trouve pas très jolie, et même si Mam'zelle, elle changerait bien quelques trucs... Elle le fera pas. Elle le sait.
Parce que... A quoi ça l'avancerait ?
Non, Mam'zelle elle restera comme elle est.

Parce que la beauté, c'est tellement superficiel.
Mam'zelle elle pense qu'on doit l'accepter, telle qu'elle est.
Et qu'elle doit apprendre à s'accepter, pareil.

De toute façon, les gens se fichent complètement de ce qu'elle est, Mam'zelle. C'est pas comme si toutes les personnes qu'elle croisait allaient se mettre à l'analyser. Non, tout le monde ne s'appelle pas Mam'zelle...

Mam'zelle elle se dit que le plus important, c'est pas la beauté.
C'est le naturel. L'authenticité.
Et ça, ça ne se modèle pas avec l'aide d'un chirurgien.




Mam'zelle elle pense à ces filles que tout le monde trouve jolies. Ah oui...Elles sont grandes, elles sont minces...
Et après ?
Est-ce qu'elles ont un regard, est-ce qu'elles dégagent quelque chose ? De la joie, de la bonne humeur... Est-ce qu'elles brillent ?
Mam'zelle elle les trouve pas si belles.

Mam'zelle elle préfère celle-la, pas vraiment mince et pas si grosse, celle-la, qui rigole, là-bas... Avec les yeux pleins de malice, et le sourire franc. Oui, Mam'zelle, elle la trouve dix fois plus belle que les jolies poupées...



Pix

# Posté le lundi 11 juillet 2005 04:05

Modifié le jeudi 13 octobre 2005 03:31

* Mam'zelle voudrait toucher le ciel *

* Mam'zelle voudrait toucher le ciel *
Les lèvres écorchées, Mam'zelle est debout sur le toit de son immeuble de quatre étages.
Elle regarde les gens passer au-dessous d'elle.
Comme ils sont petits !
Elle regarde le ciel tout bleu au-dessus de sa tête.
Comme il est grand ! Comme il est loin !
Mam'zelle elle voudrait aller le toucher.
Pour voir si c'est vraiment aussi doux que de la soie.
Alors, Mam'zelle a décidé de s'envoler.
A trois, Mam'zelle va se préparer à décoller.
Elle va courir en ligne droite sur toute la longueur du toit, comme les avions. Et puis après... Elle volera.
Un, deux... Trois !
Mam'zelle court plus vite que le vent, Mam'zelle court, court, Mam'zelle décolle.
Et s'écrase.
Face contre terre, les bras en croix.

Mam'zelle avait pas couru assez vite...



Tout le monde part en vacances... :(
Je vais ptèt faire une pause et revenir en août...On verra.
Bisous msieurs dames


Pix

# Posté le vendredi 08 juillet 2005 03:51

Modifié le jeudi 13 octobre 2005 03:32