Oui, elle a tout enfoui dans mon vieux sac à souvenirs.
Et il commence à respirer, mon pays des rêves.
Y a des couleurs qui l'égayent. Y a des rues, qui s'animent. Y a une Mam'zelle qui apparaît. Petit à petit, il reprend vie, mon pays des rêves. Faut être patient.
J'aime à le contempler comme ça. Chaque jour, j'y découvre de nouvelles choses. De nouveaux objets, de nouveaux décors, de nouveaux habitants...
Aujourd'hui, y a un nouveau rêve qui a emménagé dans l'appartement en face de chez Mam'zelle, et... Je sais pas pourquoi je raconte tout ça, c'est juste... ça me fait plaisir de voir de la vie par ici. Oui, j'aime le voir rempli de couleurs, mon pays des rêves.
Et puis. Je m'émerveille chaque jour. Il me suffit de regarder Mam'zelle. Le soleil la rend toute bronzée. Les yeux vers l'océan, elle frissonne de bonheur. Lorsqu'elle se promène en ville, elle salue les pigeons à tous les coins de rue. Elle sautille dans tous les sens. Sur le trottoir, elle a trouvé un béret... Elle l'a essayé, a grimacé devant la vitrine d'un vendeur de jouets, et puis, elle l'a remis à sa place. Elle lance une pièce au mendiant assis près du manège, et le visage du vieil homme s'éclaire comme par magie. Là où elle passe, Mam'zelle sème de la poussière d'étoiles.
Mam'zelle elle a compris qu'on pourrait pas arrêter le temps. Que y avait rien à faire. Que de se morfondre sans arrêt, ça servait à rien. Qu'il fallait toujours avancer. Droit devant.
Alors Mam'zelle elle a regardé un peu autour d'elle, et elle s'est dit que tout de même, la vie, c'était un joli spectacle. Ca lui suffisait pas de le contempler. Fallait qu'elle participe. Alors aujourd'hui, dans son pays des rêves, Mam'zelle a dansé, avec ce quelque chose dans ses yeux rieurs... Non, pas des étincelles, pas des étoiles... Un quelque chose que y avait pas avant, comme une nouvelle lueur.
Dans ses yeux, Mam'zelle s'amuse à conjuguer le verbe aimer.
Une foule de gens autour d'elle, une foule fascinée, admirative, interdite. Dans sa danse folle, Mam'zelle m'aperçoit, et au fond de moi, le temps s'arrête. Quand son regard a pris le mien, elle m'a transportée.
Je me suis fondue en elle. Et j'ai souri, et j'ai dansé... Puis à mon tour, je l'ai emmenée... Dans un monde plus grand, dans un monde plus vrai : vers la réalité.
Je voudrais que Mam'zelle soit plus qu'une ombre colorée, plus qu'un simple rêve...
J'y crois...;p

