*L'Atelier*

*L'Atelier*
Elle est repartie dans ce petit endroit, vous savez, le petit endroit.
Un morceau du pays des rêves ; tout petit morceau d'éternité.
Ca lui a fait tout drôle. Et tout bien.
De refaire ce chemin. De chez elle à *là-bas*. Quoique *là-bas*. C'est un peu chez elle.

Elle s'en est pas rendue compte. De la rue qu'elle descendait, du minuscule parking où elle entrait, des marches qu'elle montait. Quatre à quatre, comme avant.
C'est juste. Au moment d'ouvrir la porte. De saisir la poignée. Qu'elle a senti les frissons. Et ce petit truc étrange. Qui lui disait de bien faire attention. De pas ouvrir n'importe comment. De pas entrer n'importe comment.
Une pause. Un quart de seconde, à peine. Comme une éternité. Des frissons. Encore. Plus de respiration. Attends.

Elle ouvre. Elle se rappelle plus comment elle a ouvert. Ca s'est fait tout seul. Le parfum de l'Atelier qui lui est monté à la tête. Elle voyait flou, tellement c'était beau. Les gens assis, la petite fille qui attend sa maman, celle-là qui la reconnaît, une petite étoile qui vient la voir, lui parle, lui sourit.

Elle pose son sac dans les vestiaires. Comme avant, comme avant.
Une autre étoile. La sienne. Qui ne l'a pas vue. Elle se cache. Elle l'a repérée. Et d'autres. Dans les yeux, cette fois.

Les images des spectacles. Sur le papier, dans leurs têtes, dans leurs regards.

La salle des émotions. Des vieux chaussons. De la poussière d'étoile. La magie des rencontres.

Un bout du pays des rêves. Un bout d'éternité.
# Posté le jeudi 28 septembre 2006 09:17

*liberta*

*liberta*
Tu sais qu'il y a un bateau qui mène au pays des rêves
Là-bas où il fait chaud, où le ciel n'a pas son pareil
Tu sais qu'au bout cette terre
Oh oui les gens sèment
Des milliers d'graines de joie où pousse ici la haine
On m'avait dit p'tit gars
Là-bas on t'enlève tes chaînes
On te donne une vie
Sans t'jeter dans l'arène
Comme ici tout petit après neuf mois à peine
On te plonge dans une vie où tu perds vite haleine
Alors sans hésiter
J'ai sauté dans la mer
Pour rejoindre ce vaisseau
Et voir enfin cette terre
Là-bas trop de lumière
J'ai dû fermer les yeux
Mais rien que les odeurs
Remplissaient tous mes voeux



I just wanna be free in this way
Just wanna be free in my world
Vivere per libertà
Vivere nella libertà



Alors une petite fille aussi belle que nature
Me prit par la main et m'dit suit cette aventure
On disait même, oh oui que la mer l'enviait
Que la montagne se courbait pour la laisser passer
Elle m'emmena au loin avec une douceur sans fin
Et ses bouclettes dorées dégageaient ce parfum
Qui depuis des années guidait ce chemin,
Ton chemin, mon chemin, le chemin



I just wanna be free in this way
Just wanna be free in my world
Vivere per libertà
Vivere nella libertà



Pour arriver enfin à ces rêves d'enfants
Qui n'ont pas de limites comme on a maintenant
J'ai vu des dauphins nager dans un ciel de coton
Où des fleurs volaient caressant l'horizon
J'ai vu des arbres pousser remplaçant les gratte-ciel
J'ai vu au fond de l'eau une nuée d'hirondelles



I just wanna be free in this way
Just wanna be free in my world
Vivere per libertà
Vivere nella libertà



By Pep's





J'ai commencé ici avec une chanson. Une chanson pleine de nostalgie. Mistral Gagnant.
Je finis en chanson, aussi. Une chanson que j'ai découverte il y a à peine quelques jours. Et qui finalement...correspond bien à cet endroit.

Merci à vous. Parce que vous avez fait vivre cet ici. Et que bien souvent, rien qu'avec vos mots, vous m'avez mis des étoiles dans les yeux.




Gaelle, Rose, Solène, Elo, Jérôme, Prisca, Tatiana, Clara, et j'en oublie...
Donnez-moi quand même de vos nouvelles de temps en temps, hein... =')




Je m'en vais. Et cette fois-ci, c'est pour de vrai.






*
# Posté le jeudi 17 août 2006 14:54
Modifié le samedi 26 mai 2007 14:26

*On lui a serré la main*

*On lui a serré la main*
On lui a serré la main. On l'a remerciée.
On lui a souri. On l'a embrassée.
Que pouvait-elle dire ? Elle a jamais su parler.
Que voulez-vous qu'elle fasse ? Elle était paralysée.
Qu'elle allait leur manquer.
Qu'il fallait qu'elle revienne.
Rien que pour les voir.
Et dîner, au passage.
On l'a enlacée. Et offert des fleurs.
Des roses. Des tulipes. Des lys.
Et aussi.
Des pensées.
Au cas où elle oublierait...



Pix : à moi :)
# Posté le lundi 07 août 2006 07:00
Modifié le lundi 07 août 2006 07:42

° Y avait une vieille dame °

° Y avait une vieille dame °
Y avait une vieille dame, aujourd'hui. Elle savait pas qu'on pouvait en croiser, au pays des rêves. Elle savait pas que ces gens-là pouvaient en avoir la clé. Et pourtant.

C
tait ce soir, au coin du feu.
Comme elle avait sa place, ici ! On aurait dit qu'elle avait vécu là toute sa vie. Aps tout, peuttre bien. Mam'zelle s'est dit que oui. Que c'était d'accord. Qu'elle voulait bien vieillir si c'était pour vieillir comme ça. Comme cette dame.

Elle n'avait plus toutes ses dents, mais ça ne l'empêchait pas de rire. Et même.
Mam'
zelle la trouvait belle. Pas jolie. Belle. Parce que cette dame avait ces lumières d'innocence dans les yeux. On voyait des étoiles à travers ses rides. On sentait de la chaleur dans sa petite voix.
Elle
ne parlait pas beaucoup. Elle écoutait, elle riait. Entourée de tous ces gens qu'elle aimait, et qui disaient tout lui devoir. Elle savait, elle, qu'ils ne lui devaient rien. Ils savaient, eux, qu'elle ne voulait pas qu'on la remercie. Que c'était son deuxième prénom. Générosité. Franchise, aussi. Parce qu'elle avait quand même son caractère.
Elle s'intéressait aux autres. Ils s'attachaient à elle.

Ce soir au coin du feu, il y avait un homme qui racontait les anecdotes de cette vieille dame. Parce qu'elle était trop modeste pour en parler elle-me. C'était beau de la voir émue, les joues roses de bonheur.
Mam'zelle s'est assise dans un coin pour écouter. Un peu en retrait. Pour tout observer sans être vue.

Pourtant y a quelqu'un qui l'a vue, Mam'zelle. Comme si on avait senti sa présence.
A
la fin de la soirée, y a quelqu'un qui l'a regardée.
Il y
a eu comme un instant de complicité entre deux regards malicieux.
Entre les
pupilles bleues de la vieille dame, et les yeux noirs de la petite fille.
C
e regard bleu rempli de tendresse, qui semblait lui dire qu'il avait compris. Toutes ses angoisses et toutes ses envies. Mam'zelle les a vues dans ces yeux si profonds.
L'es
pace d'une seconde et demie.

Aie pas peur.
Vieillir, c'est pas important. Le plus grave, c'est grandir.
Et oublier, parfois.



Je vous aurais bien montré sa petite bouille, à cette vieille dame, mais je n'ai pas de photo d'elle. D'ailleurs, c'est peut-être mieux comme ça.
Oh, et puis : comme c'est bon, d'écrire !
Vous m'avez manqué...
# Posté le mardi 20 juin 2006 12:04
Modifié le samedi 26 mai 2007 00:54

°Suffit qu'elle le voie°

°Suffit qu'elle le voie°
Suffit qu'elle le voie. Puis tout s'en va. Elle a plus envie d'être triste. Elle a plus envie de se souvenir. Elle a juste envie d'être. Ici. Maintenant.

Hier elle s'est rendue compte qu'elle avait grandi. Qu'elle n'avait rien vu venir, et que voilà. Elle était passée de l'autre côté du miroir. Comme tout le monde, un jour. Ca lui a même pas fait peur.

Elle s'était trompée. Et ça la rassure un peu, finalement.
Elle a pas vraiment grandi. Ou alors, juste ce qu'il faut pour garder encore ce don de s'émerveiller de tout.

Suffit qu'elle le voie. Pour qu'il lui montre que c'est beau de rester insouciant. Pour qu'il colorie son pays des rêves avec des arcs-en-ciel. Pour qu'il lui montre que tout n'est pas gris.

Suffit qu'elle croise son regard. Le regard jeune et bleu de ce vieillard assis au coin de la rue.

Suffit qu'elle croise son regard, pour qu'elle y lise toutes ses histoires. Les histoires de la petite fille insouciante dans son pays des rêves...


Image : Charlie Chaplin
# Posté le vendredi 31 mars 2006 13:13
Modifié le samedi 01 avril 2006 08:36